Les troubles musculo-squelettiques (TMS)

Le phénomène des troubles musculo-squelettiques (en anglais, "repetitive strain injury", RSI) se présente très souvent chez les personnes travaillant dans le domaine de l'informatique, ce qui a amené des employeurs, des syndicats et la justice à débattre de ses causes et des responsabilités éventuelles.

Les conseils de Microsoft pour "rester en bonne santé avec l'ordinateur", proposés dans son Healthy Computing Guide, ne nous avancent pas beaucoup dans ces interrogations. Les signes avant-coureurs et les termes médicaux correspondants à différentes affections de la famille des TMS sont effectivement présentés. Quelques conseils généraux, qui ne feront pas de mal, sont donnés quant à la disposition du lieu de travail – hauteur du bureau, éclairage, etc. Tout en admettant que"les chercheurs ne sont pas encore à même de répondre à de nombreuses questions sur les TMS", le guide conseille néanmoins au lecteur qui aurait des soucis de "consulter un professionnel de la santé". On aimerait savoir comment trouver ce "professionnel de la santé", qui saura répondre aux questions qui confondent les chercheurs…

La page intitulée Se positionner nous offre de vagues conseils concernant "une posture corporelle détendue" ("relaxed body posture") – sans décrire celle-ci avec plus de précision – et d'autres à propos de chaises qui sont censées fournir un "support". Nous avons tous entendu ce genre de chose, trop souvent déjà. Dans la plupart des bureaux en effet, on peut observer des personnes en train de chercher "une posture corporelle détendue", en se remettant au "support" de chaises spécialement conçues – et souvent très coûteuses. Mais combien sont ceux qui ont résolu leurs problèmes ce cette manière ? Et puisqu'il y a des questions auxquelles "les chercheurs ne sont pas encore à même de répondre", pouvons-nous être sûrs que les bonnes questions ont été posées ?

En s'attaquant aux "postures confortables pour les épaules et les bras", et les "postures correctes pour les poignets et les doigts", le Healthy Computing Guide est encore moins précis, et ne semble pas se soucier des contradictions. Certains conseils pourraient même être dangereux. Par exemple, ayant suggéré que "vos bras devraient tomber le long du corps, détendus" (encore ce mot "relaxed"…), il vous propose "d'utiliser tout le bras pour atteindre les touches éloignées, au lieu d'étendre vos doigts". Par ailleurs, il est conseillé "d'éviter de plier les poignets vers le haut, vers le bas ou vers les côtés". Apparemment, cela veut dire qu'il faut parvenir à rester simultanément "détendu" et immobilisé dans une attitude fixe ! On vous propose donc d'empêcher les poignets et les doigts de faire les mouvements pour lesquels ils sont prévus, selon leur anatomie.

La rubrique Allez-y doucement ! fait penser que quelqu'un a eu une petite idée du vrai problème, mais n'a pas osé s'y confronter vraiment. Ayant rappelé, à juste titre, que peu d'effort est requis pour activer les touches du clavier, les seuls conseils pratiques sont de "garder les mains et les doigts détendus" et de "tenir la souris avec une main détendue". (Il est clair que nous avons vraiment besoin d'une définition claire de cette notion de "détente", de ce fameux "relaxed".)

Le Healthy Computing Guide commence à aborder le coeur du problème lorsqu'il évoque les différentes "forces de faible intensité" que l'on pense être responsables de beaucoup de troubles – mais il esquive les conclusions qui s'imposent. En effet, tous les exemples donnés dans le Guide concernent des forces exercées sur soi-même et à l'intérieur de soi-même – à la différence des forces externes qui peuvent nous nuire de l'extérieur. Ce point significatif, si nous le poursuivions sérieusement, nous amènerait à nous confronter au fait que la plupart des gens ne sont pas du tout clairs quant à la signification des termes "détente", "relaxation" et "tension".

Le fait que tant de personnes vivent avec des douleurs est une preuve suffisante qu'ils ne savent pas vraiment ce que c'est qu'une "position confortable", ou une "posture correcte". S'ils le savaient, nous pouvons être sûr qu'ils adopteraient sans tarder de telles positions et postures – si seulement ils en étaient capables. Il y a vraiment beaucoup de choses à apprendre sur ces questions.

A notre avis, le problème des dommages que l'on s'inflige inconsciemment ne sera jamais résolu tant que nous n'arriverons pas à considérer chaque être humain comme une unité, dans lequel chaque partie est en rapport avec toutes les autres parties, et avec l'ensemble.

Ce point de vue est au cœur de tout notre travail ici au Centre Alexander. Nous ne prétendons pas qu'il existe une solution toute faite pour chaque individu. Mais notre expérience nous confirme qu'en général les réponses sont là, à la portée de ceux qui sont prêts à apprendre de nouvelles habitudes de coordination.

Des sociétés, des entreprises et des associations, grandes ou petites, sont encouragées à prendre contact avec nous pour que nous organisions pour vous une présentation de notre travail.

Voir aussi La Pensée et le Muscle, chapitre 30.

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