In memory of Elizabeth Langford (1929-2009)

 

L’ombre de la fin d’une vie met en lumière l’être lui-même dans toute sa splendeur. Elle éclaire également notre propre finitude, laissant voir notre état d’inachèvement.

Betty,

         Quel bonheur de te rencontrer, il y a 27 ans déjà. J’adorais ta légèreté. Ton rire résonne encore dans mon cœur. Tout devenait relatif. Tes leçons, quel délice, quelles confrontations avec moi-même aussi. Je me souviens. Tant de choses tu m’as apprises. 

Tu es entrée petit à petit dans ma vie, dans la nôtre. Old Cleve où Claude cueillait, pour le groupe d’étudiants, les framboises de ton si beau jardin. Ohain où nous avons été voisines. Emmanuelle t’y rencontrait avec une si tendre complicité entre vous. Et puis cette adorable maison de Lasne que nous avons eu l’occasion te proposer et où tu as passé une tranche de ta vie. C’est là que Jean t’a vue pour la première fois. Tu le faisais tant rire, du haut de ses 3 pommes. Personne n’a jamais su pourquoi. Tous gardent une grande tendresse pour toi.

Tu es de ces êtres qui laissent des traces sur leur passage. 

          Chère Betty, je t’ai vue pour la dernière fois, ce samedi. Surprise : j’ai vu la jeune fille que je ne connaissais pas encore. Au-delà de l’immobilité de la mort, tu étais tellement animée sur ce lit. La froideur de ton corps n’enlevait rien à cette vie qui continuait à émaner de toi. Surprise encore : dans l’instant où je t’ai vue, tous les moments partagés avec toi se sont ranimés et me sont revenus, si vivants, toujours lumineux ! Le temps n’efface rien.

J’ai eu la chance de travailler avec toi, d’être témoin de l’enseignement que tu donnais. Surprise toujours. Etonnement. Tu prenais toujours les gens par surprise. C’est ainsi que l’on apprend, disais-tu, quand l’élève ne sait pas préparer de parades avec ses pseudos savoirs trompeurs.

Tu reposes en paix, enfin, après bien des combats pour le juste et le vrai, qui t’ont usées mais desquels tu as triomphé. Ta vie passionnante et riche de découvertes et d’enseignements rayonne et rayonnera toujours dans l’esprit de chacun qui ta rencontrée ou qui t’a lue, dans les mains de ceux qui ont eu la chance de recevoir ton enseignement et dans les cœurs rassemblés par tes mains et les directions que tu pouvais donner. 

Pour toujours, Betty, merci. 

Michèle Desonai,

le 18 août 2009

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